" Sur ce qui suivit, on a discuté ardemment ; les livres ont répondu aux livres ; il y a eu les mussetistes et les sandistes.
[…] On a cherché qui avait eu les torts. Mais la réponse est simple : torts et griefs étaient réciproques. […] Musset, avec la traditionnelle
indulgence des hommes pour eux-mêmes, aurait voulu que la femme à laquelle il était infidèle lui demeurât fidèle."
André Maurois, Lélia ou la vie de George Sand, p. 198
George devint la maîtresse de Pagello. Tous
deux soignèrent Musset et se relayèrent à son chevet. Guéri, Musset
rentra en France. Sand resta à Venise. Elle était dans une situation
financière très difficile. Elle loua un petit appartement. Elle
avait besoin d’une retraite paisible où elle pourrait travailler.
Elle écrivit là : Leone Leoni, André, Le Secrétaire
intime, Jacques, et envoya les premières Lettres
d’un voyageur à la Revue des Deux Mondes. Elle rentra
à Paris au début du mois d’août, accompagnée de Pagello. Invité
à Nohant, avec l’accord de Casimir, il refusa de s’y rendre. La
correspondance entre Sand et Musset n’avait jamais cessée et Pagello,
mal aimé, jaloux et déstabilisé, repartit pour Venise. Musset et
Sand se réconcilièrent, se déchirèrent, puis se séparèrent à nouveau.
Sand était désespérée, elle ne pouvait plus écrire, elle coupa sa
chevelure et la lui envoya.
Les scènes se succédaient, cette passion les détruisait. Épuisée, Sand finit par s’enfuir à Nohant, le 6 mars 1835. La rupture fut cette fois définitive.