Les amours
Alexandre Manceau 1 2

La révolution de 1848 et l’investissement personnel de George Sand dans le combat républicain, masquèrent momentanément la souffrance et l’amertume laissées par les drames familiaux de l’année précédente. Victor Borie l’accompagna pendant cette période, mais à la fin de l’année 1849, Maurice amena à Nohant Alexandre Manceau, le dernier compagnon, celui qui allait partager sa vie pendant quinze ans.



En janvier 1852, apparaissaient les agendas. Ils seront essentiellement tenus par Manceau – parlant de lui à la troisième personne – jusqu’à sa mort en 1865. George Sand les continuera ensuite jusqu’à sa propre mort en 1876.
Manceau avait acheté une petite maison à Gargilesse (Indre), pour permettre à sa Dame de s’y retirer quelquefois. Mais en 1864, le couple fut contraint de quitter Nohant. Des fissures étaient apparues dans la cohésion familiale. Maurice, âgé de quarante ans, venait d’épouser Lina Calamatta. Grisé par ses nouvelles fonctions de chef de famille il demanda à Manceau de quitter Nohant à la Saint-Jean, comme un domestique. Mesquine vengeance de ce fils qui n’avait jamais accepté la présence de son ami dans la vie de sa mère. Son animosité posthume le conduisit d’ailleurs à ajouter des commentaires rageurs dans les Agendas et à supprimer les passages concernant Manceau dans l’édition de la Correspondance de George Sand, qu’il confia à Calmann-Levy en 1882-1884.