L'artiste romantique
L’amour de la musique1 2

George Sand datait sa première émotion musicale du son d'un flageolet entendu dans sa petite enfance et son premier sentiment de mélancolie du jour où elle entendit :
"Nous n'irons plus au bois
Les lauriers sont coupés".
Son initiation à la musique fut l'œuvre de sa grand-mère. Mme Dupin de Francueil, qui avait fréquenté dans sa jeunesse Gluck et Piccinni, était elle-même musicienne et chantait admirablement. George Sand avait alors de réelles dispositions, mais les maîtres qu'on lui donna plus tard brisèrent ce don naissant pour un art qui la bouleversait plus que tous les autres. Au couvent des Augustines anglaises, elle jouait de la harpe. L'écriture, le dessin, la danse et le piano faisaient alors partie de l'éducation que l'on donnait obligatoirement aux jeunes filles de son milieu mais Sand était, elle, profondément musicienne.
Il est inutile de rappeler les liens qui unirent George Sand et Frédéric Chopin, ce grand artiste ombrageux, qu'elle aima et protégea pendant neuf ans. Franz Liszt, auquel son nom a souvent été associé, était sans doute le musicien qui la fascinait le plus, celui qu'elle écoutait lovée sous son piano pour s'imprégner de sa musique, ainsi qu’elle le faisait enfant sous le clavecin de sa grand-mère. Moins connue est l'amitié et l'admiration qu'elle voua à la grande cantatrice Pauline Garcia-Viardot. D'autres musiciens, comme Gounod, Berlioz ou Meyerbeer, croisèrent plus ponctuellement sa route.
C'est Musset qui avait amené Liszt quai Malaquais. Elle admirait passionnément le musicien et comprenait et estimait l’homme. Ils étaient proches à bien des égards, ils avaient la même curiosité universelle et ils étaient romantiques.



Cahier de musique d’Aurore Dupin. Domaine de Nohant-Vicq