L'artiste romantique
George Sand, une artiste manuelle1 3

George Sand avait un métier : écrire. Mais c’était une femme prodigieusement active, aux curiosités multiples. Elle était en outre d’une grande habileté manuelle et dessiner, jardiner, coudre ou cuisiner, constitua toujours pour elle des délassements précieux.

Dessins, aquarelles et dendrites
George Sand, comme beaucoup d’écrivains de son époque, savait peindre et dessiner. Jeune fille, elle avait pratiqué l’aquarelle et plus tard elle fit souvent des croquis de ses proches. Elle avait d’abord tenté de gagner sa vie en utilisant ce savoir faire, et peignit des fleurs et des oiseaux sur des tabatières et des étuis à cigares. En 1838, elle réalisa avec Auguste Charpentier, un éventail – actuellement au musée de la Vie romantique – qui est une charge humoristique la représentant entourée de ses amis à Nohant. Au début des années 1860 elle se mit à fabriquer des dendrites. La technique consistait à retoucher au pinceau ou à la plume une forme abstraite obtenue par pliage de taches d’encre ou de pigment projetées sur papier. Des paysages légèrement oniriques émergeaient de ces formes retravaillées. Cette activité s’intensifia à la fin de sa vie et les silhouettes de ses petites-filles et du chien Fadet apparurent alors dans des décors jusque-là déserts. Les dendrites signées George Sand ne sont pas toutes authentiques.

Paysage montagneux avec un vaste lac par George Sand, 1875. Musée du Louvre © RMN