Les combats
Les combats personnels1 2 3 4

La conquête de l’indépendance
Le premier combat politique de George Sand est celui qu’elle a mené pour conquérir son indépendance. Elle a toujours dénoncé la condition de mineures civiles dans laquelle étaient maintenues les femmes mariées, et considérait que s’en affranchir était un préalable à l’exercice de tout droit politique.
“La femme étant sous la tutelle et dans la dépendance de l’homme par le mariage, il est absolument impossible qu’elle présente des garanties d’indépendance politique, à moins de briser individuellement et au mépris des lois et des mœurs, cette tutelle que les mœurs et les lois consacrent. […] je dirai toute ma pensée sur ce fameux affranchissement de la femme dont on a tant parlé dans ce temps-ci. Je le crois facile et immédiatement réalisable, dans la mesure que l’état de nos mœurs comporte. Il consiste simplement à rendre à la femme les droits civils que le mariage seul lui enlève, que le célibat seul lui conserve ; erreur détestable de notre législation qui place en effet la femme dans la dépendance cupide de l’homme, et qui fait du mariage une condition d’éternelle minorité. ”
George Sand, Lettre aux membres du Comité central, avril 1848, Correspondance, t. VIII, p. 400-408

Cette lettre, non publiée à l’époque, était une réponse indirecte à Eugénie Niboyet, fondatrice de La Voix des femmes, et aux féministes saint-simoniennes. La IIe République venait d’instaurer le suffrage universel mais, on le sait, uniquement masculin. À la faveur des élections d’avril 1848, ces femmes menèrent une campagne de protestation et choisirent George Sand pour les représenter à l’Assemblée nationale, sans consulter l’intéressée. Une manipulation qu’elle n’apprécia pas. En outre, elle n’était pas favorable au vote des femmes dans l’état actuel de la société.

George Sand, Le Miroir drôlatique, charge par Alcide Lorentz, gravure. Musée Eugène Delacroix © RMN