Les combats
L’engagement politique1 2 3 4 5 6 7

La prise de conscience
C’est incontestablement la révolution de 1830 qui servit de révélateur à la conscience républicaine d’Aurore Dudevant. De sensibilité plutôt bonapartiste en raison de son ascendance paternelle, elle ne semblait pas, jusqu’alors, très préoccupée de politique. Toutefois, lors des élections censitaires de 1827, les époux Dudevant avaient énergiquement soutenu le candidat d’opposition aux Bourbons, Duris-Dufresne, “ un républicain de vieille roche ” qui se présentait à La Châtre. Très actifs pendant cette campagne qui fut un succès, ils louèrent une maison, donnèrent des fêtes et bousculèrent l’oligarchie bourgeoise de la ville.
En juillet 1830, Aurore Dudevant rencontra simultanément Jules Sandeau et la Révolution. Ce fut un bel été d’effervescence amoureuse et d’agitation politique. Il aurait pu être éphémère mais il devint pourtant l’été de la prise de conscience, car après les Trois Glorieuses, elle se déclara ouvertement républicaine.




C’est lors de l’insurrection des 5 et 6 juin 1832 qu’elle fut directement confrontée au danger, et “ jetée brutalement dans la vie réelle ”. En promenade avec Solange au jardin du Luxembourg elle ne s’aperçut pas qu’il avait été brusquement déserté.



La rencontre avec Michel de Bourges, en 1835, fut déterminante pour l’évolution de la conscience politique de George Sand.
“ Convertie au sentiment républicain et aux idées nouvelles […], j’avais gagné, à entendre cet homme véritablement inspiré en certains moments, de ressentir de vives émotions que la politique ne m’avait jamais semblé pouvoir me donner. ”
George Sand, Histoire de ma vie, t. II, p. 329

Avec Michel elle prit des risques. Son appartement du quai Malaquais abritait les réunions de l’opposition militante. Il l’incita à mettre sa plume au service de la cause républicaine et elle l’accompagna, travestie en homme, au procès des insurgés d’avril 1834, dont il était un des avocats.