Les combats
La République et la Commune (1870-1871)1 3

Le soutien aux républicains modérés
Comme beaucoup de ses concitoyens, George Sand ne prit conscience que fort tardivement du danger de guerre entre la France et la Prusse.
“ Si ce bel enthousiasme est sincère, Paris est fou. Je comprends le chauvinisme quand il s’agit de délivrer un peuple, comme la Pologne ou l’Italie, mais entre la France et la Prusse, il n’y a en ce moment qu’une question d’amour-propre, à savoir qui aura le meilleur fusil. […] c’est donc, selon moi, et j’en jurerais, la police qui chante la Marseillaise dans vos rues, et les badauds suivent. ”
George Sand à Edmond Plauchut, 16 juillet 1870, Correspondance, t. XXII, p. 121

Cette guerre fut immédiatement un désastre militaire, les défaites s’accumulèrent et l’Empereur encerclé à Sedan capitula. Le 4 septembre 1870, la République était proclamée à Paris, mais les troupes prussiennes continuèrent à avancer. Pour George Sand, qui avait craint le retour des monarchistes, la proclamation de la République fut une divine surprise. Cependant elle se méfiait de cette République qui n’avait pas été ratifiée par le suffrage universel, et soupçonnait les radicaux de tentations autoritaires.
Ministre de l’Intérieur et de la Guerre dans le gouvernement de Défense nationale, Gambetta était opposé à la capitulation et partisan de la guerre à outrance. George Sand était hostile à ce jusqu’au-boutisme et accusait Gambetta de totalitarisme. Elle redoutait la guerre civile si on ne mettait pas fin rapidement à ce chaos. Elle voyait se profiler deux périls : la dictature d’un homme ou d’un parti, d’une part, la montée des forces réactionnaires très puissantes en province, d’autre part. Elle avait choisi de soutenir les républicains modérés.