Les combats
La fin des combats1 2

En 1871, elle publia dans la Revue des Deux Mondes Le Journal d'un voyageur pendant la guerre et commença une collaboration de plusieurs années avec Le Temps.
“ J'ai trouvé à me réfugier dans un coin très propre, ce pacifique journal protestant qui est libéral de très bonne foi et qui me laisse absolument libre d'être moins calme que lui si j'ai besoin de m'échauffer. Je lui sais tant de gré de m'avoir acceptée en me laissant la responsabilité absolue de mon opinion quelle qu'elle puisse être à un moment donné, que je ne veux ni ne dois le quitter. ”
George Sand à Paul Meurice, 29 mars 1872, Correspondance, t. XXII, p. 778

Mais la vieillesse approchait. Les amis partaient les uns après les autres.
“ J'éprouve un impérieux besoin de n'appartenir à personne […]. C'est le moment de se recueillir, de n'obéir qu'à son sentiment individuel, d'échapper à l'ivresse collective et d'exprimer ce qu'on a en soi en s'isolant de toute influence extérieure du moment. ”
George Sand à Paul Meurice, 29 mars1872, Correspondance, t. XXII, p. 778

Elle travaillait moins mais continuait à publier un ou deux romans par an.
“ Je me suis mise à ma tâche annuelle, je fais mon roman. La facilité augmente avec l'âge, aussi je ne me permets pas de travailler à cela plus de deux ou trois mois chaque année, je deviendrais fabrique et je crois que mes produits manqueraient de la conscience nécessaire. Je n'écris même que deux ou trois heures chaque jour, et le travail intérieur se fait pendant que je barbouille des aquarelles. ”
George Sand à Gustave Flaubert, 28 septembre 1874, Correspondance, t. XXIV p. 99

Ses œuvres maîtresses étaient maintenant derrière elle. Pour ses petites-filles, dont elle assurait l'instruction, elle écrivit les Contes d'une grand-mère. Elle voulait “ les bourrer de bonheur, pour qu'elles aient de la santé morale devant les déceptions inévitables. ” Âgée et souffrant déjà du mal qui l'emportera elle continuait pourtant à marcher et à se baigner.
“ Moi je me baigne tous les jours à l'ombre des aulnes, dans ma petite rivière toujours bien froide et bien courante. C'est vous dire que je suis en pleine santé et travaille beaucoup. ”
George Sand à Charles Poncy, 13 août 1875, Correspondance, t. XXIV p. 375