L'écrivain
Le métier d’écrivain1 2 3 4


De 1830 à son décès, c'est-à-dire durant quarante-six ans, George Sand a écrit tous les jours – et le plus souvent toutes les nuits. Ses Œuvres complètes qui comprenaient cent neuf volumes ont été publiées, sans tomaison, d'abord chez Hetzel-Lacou (1853-1855) – pour ce qui concerne les vingt et un premiers volumes – puis chez Lévy (1856-1897) – pour les quatre-vingt-cinq volumes suivants.

Une partie de sa production littéraire a été éditée en volumes après sa mort et Maurice – le fils tant aimé – s’est parfois chargé d’y faire des coupures ; beaucoup d’écrits de George Sand ont paru en librairie pour la première fois dans cette édition Lévy des Œuvres complètes.
À ses œuvres littéraires (plus de soixante-dix romans et cinquante volumes d'écrits divers), il faut ajouter une immense correspondance, éditée dans la seconde moitié du XXe siècle par Georges Lubin – qui a consacré sa vie à ce remarquable travail. Cet apport excessivement précieux, ainsi que la réédition en 1970 – édition scientifique et donc critique – des Œuvres autobiographiques de George Sand, chez Gallimard, dans la prestigieuse collection de La Pléiade, ont permis de redécouvrir cet auteur trop longtemps négligé.

Pour comprendre George Sand écrivain, il faut se souvenir qu'elle fait partie de la première génération des auteurs qui ont pu vivre de leur plume au XIXe siècle. Ces auteurs ont noms : Balzac, Hugo, Dumas, Sue. Ils lui sont contemporains, mais elle est la seule femme. Certes d'autres femmes en son siècle ont écrit, et avec un indéniable talent – Ainsi Daniel Stern [Marie d’Agoult], dont la correspondance est aussi intéressante que celle de George Sand – Mais Sand est la seule femme du XIXe siècle à avoir réussi à vivre de son métier de romancière.