L'écrivain
Les romans champêtres sandiens 1 2 3

L'année de la naissance d'Aurore Dupin et détail amusant, au mois de juillet Jacques Cambry, préfet et érudit, crée une Académie nationale : l'Académie celtique qui, comme son nom l'indique, s'intéresse aux pierres, druides, menhirs et dolmens. C'est au succès des Poésies Galliques d'Ossian que l'on doit cet élargissement de la curiosité érudite à l'histoire de nos ancêtres, les Gaulois et les Celtes.

En 1813, sous la pression des romanistes qui désiraient faire reconnaître l'importance des époques médiévales, la Société celtique devient la Société des antiquaires de France. En 1820, Charles X octroie des statuts à cette société, qui doit poursuivre des recherches sur les langues, la géographie, la chronologie, l'histoire, la littérature, les arts et les antiquités, tant celtiques, que grecques, romaines et du Moyen Âge, mais principalement axées sur les Gaules et la Nation française jusqu'au XVIe siècle.
Parallèlement, des sociétés savantes sont créées dans tous les départements. Elles vont accomplir un travail considérable sur l'histoire des provinces françaises apportant dans les régions un réseau non négligeable de convivialité érudite qui va servir de contrepoint aux institutions parisiennes centralisées.

La découverte de la culture populaire au XIXe siècle
On doit à ces institutions l'intérêt croissant de nombre de Français du XIXe siècle pour les coutumes paysannes. Elles voulaient sauvegarder tout ce qui venait des temps immémoriaux, des Celtes notamment, afin de fonder une culture populaire. Elles voulaient retrouver une culture du peuple, antérieure à celle des Lumières. Elles vont créer une science nouvelle : l'anthropologie. Le mot folklore fait son apparition en 1846. Cette première moitié du XIXe siècle qui voit Aurore Dupin devenir George Sand, est une époque charnière au cours de laquelle la France rurale commence à connaître les effets de la révolution industrielle. La presse s'en mêle. En 1844, l'Illustration lance un appel pour recueillir les coutumes françaises. La nécessité de répertorier un patrimoine menacé de disparition est reconnue au niveau national. Les pouvoirs publics prennent des mesures pour généraliser les collectes. En 1845, Salvandy installe une commission des chants religieux et historiques ; en 1852, Fortoul-Ampère reprend l'idée et s'attache aux poésies populaires.