L'écrivain
Le journalisme1 2

Cette partie de son activité littéraire mérite d'être traitée à part à cause de l'importance qu'elle a prise au cours de deux périodes charnières de sa vie : lors de ses débuts à Paris, puis dans les années 1840, lorsqu'elle se forgea une pensée politique. Elle interrompit son activité journalistique en 1850, en raison de la restauration de la censure, et ce, jusqu’en 1871. Une grande fièvre de création théâtrale la saisit alors (vingt-deux de ses pièces furent représentées sur des scènes parisiennes). Avec le théâtre, dont elle écrivait : "C'est une prédication sous une autre forme" (lettre à Émile Aucante, 16 mars 1851), George Sand espérait avoir accès directement au peuple et à son éducation.
Comme la plupart de ses contemporains elle avait débuté dans le journalisme pour gagner sa vie. Dès son premier séjour dans la capitale, en 1831, elle est engagée au Figaro dirigé par Henri de Latouche. Elle se fait remarquer par un article humoristique – une “ bigarrure ”, dit-elle – qui entraîne la saisie du journal. Cependant l'affaire n’ira pas devant les tribunaux :

"Tant pis ! Une condamnation politique eût fait ma réputation et ma fortune".
George Sand à Jules Boucoiran, 7 mars 1831

Elle écrit également pour la Revue de Paris, et fin 1831, elle obtient sa première collaboration régulière à La Revue des Deux Mondes (4 000 francs par an pour trente-deux pages de texte toutes les six semaines).
Sa rencontre avec Michel de Bourges, en avril 1835, est déterminante pour l’évolution de sa conscience politique. Ses idées s'affirment et elle va les faire connaître fort courageusement. Elle qui vit de sa plume n'hésite pas à donner Les Lettres à Marcie en 1837 dans Le Monde de l'abbé Lamennais. Celui-ci suspendra la publication de ces lettres à la sixième parce qu’elle revendiquait l'égalité des sexes en amour. La septième, qui devait traiter du divorce, problème qu'elle connaissait bien et qui lui tenait à cœur, ne vit pas non plus le jour.