Jules Néraud dit le Malgache (1795-1855)
 
1795-1855

Son surnom de Malgache, sous lequel George Sand l’immortalisa dans la IVe des Lettres d’un voyageur, lui avait été donné au retour d’un voyage à Madagascar et à l’Île Bourbon [La Réunion] qu’il avait fait jeune. Les souvenirs du Malgache inspirèrent certains paysages d’Indiana. Botaniste et passionné par la nature, il se consacra définitivement à sa vocation, après avoir été quelque temps avocat, puis juge de paix. Son livre, publié anonymement, la Botanique de l’enfance, fut réédité sous son nom après sa mort, sous le titre de Botanique de ma fille.
Il avait été très amoureux de George Sand mais sans réciprocité. Sa femme en fut cependant excessivement jalouse. Veuf en 1835, il voyagea (Alger, 1836, Suisse, 1841). Sa fille Angèle et son gendre Ernest Périgois, seront de grands amis de George Sand. Elle apprit la mort de Jules Néraud au cours du voyage en Italie du printemps 1855. George Sand lui a consacré plusieurs pages dans Histoire de ma vie.

“ Combien j’ai à te remercier, mon vieil ami, d’être venu me voir tout de suite ! Je n’espérais pas ce bonheur, et je vois que, ta position n’ayant pas changé, c’est une grande preuve d’amitié que tu m’as donnée. J’ai passé une journée heureuse, mon brave Malgache, auprès de toi […]. J’ai ri de bien bon cœur de nos anciennes folies ; j’ai renouvelé nos combats espiègles ; je me suis diverti de tes calembours. […] J’ai le spleen, j’ai le désespoir dans l’âme Malgache. Je me suis dit tout ce que je pouvais me dire, j’ai essayé de me rattacher à tout ; je ne puis pas vivre, je ne le puis pas. ”
George Sand, Lettres d’un voyageur, IV, Œuvres autobiographiques, t. II, p. 735