Casimir n’apprécia en fait que modérément le
comportement de sa femme, et inquiet, il devint agressif. À l’automne,
le couple Dudevant évita de rentrer à Nohant,
et s’installa avec deux autres familles dans une propriété à Ormesson,
auprès d’Enghien. Mais quand l’hiver vint ils restèrent seuls à
Ormesson. C’est l’époque où, assaillie par trop de doutes, Aurore
alla faire une retraite dans son ancien couvent des Dames augustines
anglaises. Casimir qui n’était pas religieux, appréciait que sa
femme le soit. Elle fut reçue avec tendresse mais son fils lui manquait.
Elle retourna dans le siècle.
"Ce n’était pas là peut-être ce qu’il m’eût fallu pour me rattacher à ma vie nouvelle. Toute cette bonté suave,
toutes ces délicates sollicitudes me rappelaient un bonheur dont la privation m’avait été longtemps insupportable, et me faisaient
paraître le présent vide, l’avenir effrayant."
George Sand Histoire
de ma vie, t. II, p. 48
Il fut alors décidé de partir pour Guillery, propriété du baron Dudevant, en Gascogne. La fuite en avant continuait.
Ils s’arrêtèrent d’abord à Cauterets dans les Pyrénées. Aurore se lia avec Zoé Leroy, une femme originaire de Bordeaux, avec qui elle parlait,
s’amusait et allait en excursion. Un séduisant jeune homme les accompagnait : Aurélien de Sèze. Les liens matrimoniaux d’Aurore furent profondément
ébranlés par cette rencontre. Maurice Dudevant était né le 30 juin 1823, au sein d’un couple encore heureux, sa sur Solange, vint au monde le 13
septembre 1828, dans un couple désuni, et le père supposé de Solange, serait Stéphane Ajasson de Grandsagne. Aurore avait renoué avec ses amis
d’enfance : Charles Duvernet, Gustave Papet, Fleury, dit le Gaulois,
Alexis Duteil, Jules Néraud dit le Malgache. Ils formaient une bande joyeuse et
agitée qui fit scandale à La Châtre et dont Casimir, qui ne les aimait guère, se sentit exclu. Il commença à préférer les beuveries avec Hippolyte,
puis bientôt les amours ancillaires. Les époux Dudevant faisaient désormais chambre à part.