Les théâtres
Le théâtre de marionnettes de Nohant

En 1847, Maurice et Eugène Lambert inventèrent à Nohant, un théâtre de marionnettes. Le premier castelet fut improvisé avec deux chaises, une serviette et des morceaux de bois habillés, mais très vite ils construisirent un théâtre plus élaboré.
“ Ils ont fabriqué un théâtre de marionnettes qui est vraiment quelque chose d’étonnant. Décors, changements à vue, perspectives, palais, forêts, clair de lune et coucher de soleil transparents, c’est réellement très joli et plein d’effets très heureux. Ils ont une vingtaine de personnages, et à eux deux ils font parler et gesticuler tout ce monde de guignols de la façon la plus divertissante. ”
George Sand à Augustine de Bertholdi, décembre 1848, Correspondance, t. VIII, p. 753




Les représentations du théâtre de marionnettes, dit des petits acteurs, ne devinrent régulières, et en alternance avec celles du grand théâtre, qu’à partir de 1854. Entre 1854 et 1872 il y eut environ cent-vingt représentations de marionnettes à Nohant. En mars 1876, peu de temps avant sa mort, George Sand écrivit un long texte sur ce théâtre. Il figure dans le second tome des Œuvres autobiographiques.
“ Je priais parfois mon fils de me donner une représentation de décors. […] Je voyageais ainsi en rêve et j’y aurais passé ma vie, car à l’âge où je suis maintenant, le plus agréable des voyages est celui qu’on peut faire dans un fauteuil. Sans doute le théâtre de Nohant, peint, machiné, sculpté, éclairé, composé et récité par Maurice tout seul, offre un ensemble et une homogénéité qu’on réaliserait difficilement ailleurs et qui n’a certainement pas encore son pendant au monde. ”
George Sand Le Théâtre des marionnettes de Nohant, Œuvres autobiographiques, t. II, p. 1249-1276

Le théâtre de Paris
Le 7 février 1858, Maurice Sand inaugura son théâtre de marionnettes à Paris dans son logement-atelier, 12 rue Boursault. Quelques années après la mort de sa mère, au cours de l’hiver 1882-1883, il installa le castelet complet de Nohant, avec machineries, trucages et décors, dans son hôtel particulier de Passy.
“De cette époque date le réel rayonnement des pupazzi de Maurice. La presse parisienne en est d’ailleurs le reflet, multipliant les articles et les échos, en l’espace de quelques mois. ”
Bertrand Tillier, Maurice Sand marionnettiste, p. 74